Groupe de recherche sur les imaginaires politiques en Amérique latine

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Projets de recherche antérieurs
 

Imaginaires de la violence (physique, religieuse, économique) et frontières du politique

L’objet de cette recherche est d’identifier comparativement, dans plusieurs pays d’Amérique latine, les déplacements de la frontière du politique résultant du sens donné aux violences physiques, religieuses et économiques. Il s’agit d’identifier pour chaque type de violence quelques gestes précis et de voir comment le sens que leur attribuent les catégories sociales, selon les pays, affecte la délimitation de la frontière du politique.

Recherche menée sous la direction d'André Corten, professeur au département de science politique de l'UQÀM (projet rédigé avec la  collaboration avec Vanessa Molina, doctorante à l'École d'études politiques de l'Université d'Ottawa).

Violence et action directe: mises en récit politiques, religieuses, identitaires

Depuis deux décennies, la violence change de forme en Amérique latine. Auparavant, elle apparaissait, dans plusieurs pays, surtout comme la violence de la répression de l’État dictatorial. S’était élevée contre elle – mais il n’y a pas de symétrie entre l’un et l’autre – des mouvements de guérilla. Aujourd’hui, il s’agit d’une violence plus « immanente », venant de l’intérieur du tissu social. On peut distinguer essentiellement deux types de cette violence. D’une part, il y a la violence de rue, les assauts à main armée, les gangs de rue, les taux alarmants d’homicides. Cette violence de rue qui émane notamment des inégalités croissantes est manipulée par le narcotrafic et des réseaux mafieux. D’autre part, il y a la violence des «actions directes». On entend par-là des actions collectives qui, si elles ne sont pas totalement spontanées, sont toutefois caractérisées par le fait de ne pas passer par les canaux de représentation que sont les mouvements sociaux ou les partis politiques et par le fait de ne pas s’adresser aux pouvoirs institués à travers les voies définies institutionnellement. Ces actions directes réunissent ponctuellement des gens en vue d’intérêts de logement, de santé, de terre, mais elles les rassemblent aussi parfois dans une réaction de rejet des politiciens. Elles expriment des valeurs en effervescence qui prennent corps dans le tissu social.

Recherche menée sous la direction d'André Corten, professeur au département de science politique de l'Université du Québec à Montréal (projet rédigé avec la collaboration de Vanessa Molina, doctorante à l'École d'études politiques de l'Université d'Ottawa).

Imaginaires populistes transformation du religieux et consolidation démocratique en Amérique latine

Selon nous, plus que le lien causal entre inégalités sociales et effervescence politique, c’est un débordement d’imaginaires politiques qui sous-tend la crise de légitimité des régimes latinoaméricains actuels. L’hypothèse principale de cette recherche est que les différents événements qui balisent la crise du politique en Amérique latine doivent plutôt être interprétés comme étant des signes
d’effervescence qui ne sont pas incompatibles avec la démocratie mais, au contraire, sont souvent porteurs de formes politiques incompatibles avec le modèle de démocratie formelle mis en oeuvre en Amérique latine suite aux transitions démocratiques. Aussi, il est nécessaire de mettre en oeuvre un appareil méthodologique novateur articulé autour d’un cadre d’analyse théorique centré
sur l’appréhension empirique des imaginaires sociaux et politiques et de leurs effets structurants sur les comportements et représentations du politique en Amérique latine.

Recherche menée sous la direction d'André Corten, professeur au département de science politique de l'Université du Québec à Montréal (projet rédigée avec la collaborarion de Marie-Christine Doran et Ricardo Peñafiel).


Démocratie : Imaginaires politiques et religieux en Amérique latine

Alors que les problématiques en termes de « transition  démocratique» et de « consolidation démocratique» sont dominantes dans la littérature, la présente recherche a pour objectif  de délinéariser ce qui ressemble encore beaucoup à une transposition « politique »  d’une théorisation en termes d’étapes de croissance. Elle part de la résurgence du religieux et de la manière dont les imaginaires religieux influent sur les imaginaires politiques. Elle vise à montrer comment les frontières du politique ne sont pas déterminées fondamentalement par des impératifs économiques comme le suggère une perspective en termes de mondialisation des marchés, mais que dans le rôle de traduction des imaginaires religieux sur les imaginaires politiques, les imaginaires religieux affectent les déplacements des frontières du politique. Surgissent des questions de recherche qui valent autant pour l’Afrique que pour l’Amérique latine.  Les imaginaires religieux peuvent-ils conditionner  les changements de langue politique? En particulier, la  tendance à l’immanence dans le religieux, notable avec l’expansion du pentecôtisme, influe-t-il sur une prédominance croissante de l’immanence dans les imaginaires politiques?

Recherche menée sous la direction d'André Corten, professeur au département de science politique de l'Université du Québec à Montréal.