Groupe de recherche sur les imaginaires politiques en Amérique latine

La mission du GRIPAL

De plus en plus il apparaît important de tenir compte de la dimension imaginaire de la société dans les études sur l’Amérique latine. Fondé à l'automne 2000, le GRIPAL se consacre particulièrement à l’analyse des imaginaires des groupes traditionnellement marginalisés. Le discours dominant, au fur et à mesure qu'il s'internationalise, passe sous silence le rôle joué par ces imaginaires, se limitant généralement à des thèmes tels que la bonne gouvernance et la lutte contre la pauvreté, qui finissent par être les seuls critères d'analyse. L'approche techniciste évacue de nombreux processus et représentations collectives dont l'impact est pourtant déterminant. Le GRIPAL s’intéresse aux représentations que les collectivités se font d’elles-mêmes et de leur société.

Face au rétrécissement de l'horizon pour penser l'Amérique Latine, l'équipe interdisciplinaire des professeurs, postdoctorants et chercheurs-étudiants du GRIPAL a mis en place une critique cohérente du discours techniciste internationalisé, dominé par des paramètres économiques. Elle tient surtout à pousser la réflexion plus loin en élaborant des outils théoriques et méthodologiques innovateurs pour étudier le caractère instituant des imaginaires.

Le travail collectif est organisé en deux axes. Le premier, méthodologique, recouvre diverses approches telles que l’analyse du discours, la socio-critique, l’étude ethnographique et les enquêtes sociologiques. Ces méthodes sont mises en œuvre pour analyser principalement le parler ordinaire des groupes traditionnellement exclus tels que les paysans, les autochtones ou les habitants des quartiers paupérisés des grandes villes. La caractérisation du parler ordinaire se fait par sa mise en contraste avec les discours institutionnels, notamment présidentiels et médiatiques. Le second axe, matriciel, illustre les différents domaines où les imaginaires sociaux sont en transformation soit : la religion, la souffrance, la violence, le populisme et l’indianisme. Ces deux axes de recherche concourent à rendre compte du déplacement des frontières du politique en établissant un cadre comparatif entre notre interprétation des représentations hégémoniques des sociétés latino-américaines et notre interprétation des représentations de ces mêmes sociétés telles qu’elles se dégagent de notre analyse du parler ordinaire.

Cette initiative s'enracine dans la tradition de la « théorie critique » et adopte une approche de «militantisme théorique». La  militance théorique signifie que les membres et associés du GRIPAL croient à l’importance du travail théorique et d’enquête dans une visée de changement social émancipatoire. L’émancipation concerne autant un travail de mise à distance des images établies (et des imaginaires institués) à travers lesquelles le discours des gouvernements, de la presse et des ONG nous font voir les pays d’Amérique latine, que de libération du carcan des théories de la modernisation et de la globalisation dans l’analyse de ces pays. L'élaboration de théories alternatives articulées aux imaginaires sociaux permet de mettre en perspective les expériences politiques vécues en Amérique Latine.


Misión del GRIPAL

Fundado en otoño del 2000, el grupo de investigación sobre los imaginarios políticos en América Latina (GRIPAL) parte de la siguiente constatación : raros son los análisis sobre América Latina que tienen en cuenta la dimensión imaginaria de la sociedad.

El discurso dominante, cada vez más internacionalizado, mantiene en silencio el papel que juegan los imaginarios sociales. Ese discurso generalmente se limita a temas como la gobernabilidad y la lucha contra la pobreza, los cuales terminan siendo los únicos criterios de análisis. El enfoque tecnicista elimina numerosos procesos y representaciones colectivas cuyo impacto es, sin embargo, determinante.

Frente a este estrechamiento del horizonte para pensar América Latina, el equipo interdisciplinario de profesores e investigadores del GRIPAL desea construir una crítica coherente del discurso tecnicista internacionalizado, dominado por parámetros económicos. Esta crítica tiende sobretodo a llevar la reflexión más lejos, elaborando instrumentos teóricos y metodológicos innovadores para estudiar el carácter instituyente de los imaginarios.

Esta iniciativa está enraizada en la tradición de la « teoría crítica » y adopta un enfoque de militantismo teórico donde son puestas en perspectiva las experiencias políticas vividas en América Latina. Misión del GRIPAL

Missão do GRIPAL

Fundado no outono de 2000, o Grupo de Pesquisa sobre os Imaginários Políticos na América Latina (GRIPAL) parte de uma constatação que se mostra cada vez mais atual : há uma falta gritante de análises sobre a América Latina. Esta falta de análises resulta em parte da hegemonia de um novo discurso internacionalizado, no seio do qual diversos temas, tais como : a boa governança e a luta contra a pobreza, acabam por ser adotados como instrumentos de análise por importantes setores das ciências sociais e tornam incompreensível a leitura do político latino-americano. Numerosos processos sociais e representações se encontram apagados. Diante do retraimento do horizonte para pensar a América Latina, a equipe interdisciplinar de professores e pesquisadores do GRIPAL deseja colocar em prática uma crítica coerente do discurso tecnicista internacionalizado e elaborar instrumentos teóricos inovadores visando expressar os imaginários políticos. Esta iniciativa se enraíza na tradição universitária da "teoria crítica" e adota uma abordagem de militantismo teórico capaz de ir alem dos meios de ensino. Ela tem por objetivo reunir, numa perspectiva de reflexão teórica, integrantes de diversos meios, interpelados pela realização de experiências políticas vividas neste extremo-ocidente que é a América Latina.


GRIPAL’s Mission

Founded in the Fall of 2000, the Research Group on Political Imaginaries in Latin America (GRIPAL), takes as its starting point the following observation: analyses of Latin America that take into account society’s imaginary dimensions are far too rare.

The increasingly internationalised discourse takes no notice of social imaginaries and generally limits itself to the themes of “good governance” and the “fight against poverty”. This technocentric approach neglects the potentially decisive impact of numerous processes and collective representations.

Faced with such a narrowing of the horizon of the way in which Latin America is conceptualised, GRIPAL’s interdisciplinary team of Professors and Researchers seeks to offer a coherent critique of the dominance of the economic parameters which characterise internationalised technocentric discourse. More specifically, GRIPAL strives to elaborate innovative theoretical tools and methodologies in its study of imaginaries’ founding character.

The Group’s work is organised around two axes. The methodological axis includes various approaches such as the analysis of political discourse, the sociocritique of literary works, ethnographic analyses of commonplace statements as well as sociological inquiry. The second axe is structuralist and serves to illustrate the ways in which social imaginaries are being transformed in such differing fields as religion, suffering, violence, populism and Indianness”. These two axes are in the service of a deepened understanding of the displacement of political borders, in other words, in the displacement of what constitutes “the political”.

Rooted in the “Critical Theory” tradition, GRIPAL’s approach is one of theoretical activism by which the real-life experiences and politics of Latin America are put into perspective.

Coordonnées

Département de science politique Université du Québec à Montréal
400, rue Sainte-Catherine, Est
Pavillon Hubert-Aquin (UQÀM)
Montréal, Québec
H2L 2C5

Tél. : (514) 987-3000 poste 2518 et poste 3506
Courriel : coordination.gripal@gmail.com
Locaux à l'UQAM (Pavillon Hubert-Aquin) :
A-3687 et A-3720

Membres-fondateurs

André Corten
professeur au Département de science politique de l'UQÀM

Marie-Christine Doran
professeure à l'École d'études politiques de l'Université d'Ottawa et chercheure associée CADIS/École des Hautes études en sciences sociales, Paris

Ricardo Peñafiel
post-doctorant, chercheur invité au Centre de recherche sur les politiques et le développement social (CPDS) de Université de Montréal.

Chercheur-es

Professeurs et enseignants
André Corten (science politique, UQÀM)
Martin Hébert (anthropologie, Université Laval)
José Antonio Giménez-Micó (études latino-américaines et hispaniques, Université Concordia)
Sabrina Doyon (anthropologie, Université Laval)
Marie-Christine Doran (science politique, Université d’Ottawa)
Kristine Norget (anthropologie, Université McGill)
Martin Breaugh (science politique, Université York)
Chiara Piazzesi (sociologie, UQÀM)
Leila Celis (sociologie, UQÀM)
Myriame Martineau (sociologie, UQAM)
Viviana Fridman (science politique, UQÀM)
Michel Carrier (philosophie, Collège Édouard-Monpetit)
Marie-Josée Nadal (sociologie, UQÀM)


Post-doctorants
Natasha Prévost (U. Moncton)
Ricardo Peñafiel (CPDS, Université de Montréal)
Anne-Lise Polo
Ilionor Louis
(ethnologie, Université d'État d'Haïti)
Mauricio Ruano

Doctorants et étudiants de maîtrise/ assistants de recherche
Vanessa Molina (science politique, U. Ottawa)
Catherine Huart (sociologie, UQÀM)
Benoit Décary-Secours (science politique, U. Ottawa)
Jorge Legoas (anthropologie, U. Laval)
Yuri Moreno (science politique, U. Ottawa)
Eduardo Malpica Ramos (sociologie, UQÀM)
Tania Faustino Da Costa (science politique, UQÀM)
Jade Bourdages (science politique, U. Ottawa)
René Delvaux (science politique, UQÀM)
Charles Deslandes (science politique, UQÀM)
Clamé-Ocnam-Dameus (science politique, UQÀM)
Lyne Nantel (sociologie, UQÀM)
David Longtin (science politique, U. Ottawa)
Julie Girard-Lemay (philosophie, U. de Montréal)
Julien Fournier (science politique, UQÀM)
Estela Ferraro (études religieuses, UQAM)
Thomas Chiasson-LeBel (science politique, U. York)
Andréanne Martel (science politique, UQÀM)
Florence Roy-Allard (anthropologie, Université Laval)
Douglas Smith (études hispaniques, Université de Montréal)

Chercheurs associés/recherches de terrain
Argentine : Pablo Seman (Universidad de Buenos Aires)
Bolivie : Manuel De La Fuente (Universidad Mayor de San Simón); Silvia Rivera Cusicanqui (Departamento de Sociología, Universidad Mayor de San Andrés)
Brésil: Ari Pedro Oro (Universidade Federal do Rio Grande do Sul)
Chili : Augusto Samaniego (Universidad de Santiago de Chile)
Équateur : Jorge León (CEDIME, Quito)
Mexique : Margarita Zires (Universidad Autónoma Metropolitana - Xochimilco)
Mexique : Cristina Oehmichen Bazán (Universidad Nacional Autónoma de México)

Assistant-es de recherche

Coordonnateurs actuels du GRIPAL:
Benoit Décary-Secours (2015-)
Yuri Moreno (2015-)

Coordonnateurs antérieurs:
Catherine Huart (2013-2015)
Vanessa Molina (2011-2013)
Benoit Décary-Secours (2009-2011)
Tania Faustino da Costa (2007-2009)
Anne-Élizabeth Côté (2005-2007)
Ricardo Peñafiel (2002-2005)

Assistant-es régulier-es
Vanessa Molina
Benoit Décary-Secours
Catherine Huart
René Delvaux
Charles Deslandes
Yuri Moreno

Assistant-es/transcription d'enquêtes
Yuri Moreno

Assistants/recherches de terrain
Haïti: Diana Colin (Université d'État d'Haïti), Louis Jacksonne Lucien (Université d'État d'Haïti)
Argentine : Clara Campomenosi (Universidad de Buenos Aires)
Bolivie : Beatriz Chambilla Mamani (Universidad Mayor de San Andres), Jésus Carballo, (Universidad Mayor de San Simon de Cochabamba)
Brésil : Marcos Ferreira de Paula (Universidade de Sao Paulo), Rosilene dos Santos Schoenfelder (Universidad Federal do Rio Grande do Sul - UFRGS), Douglas Machado Robl (Universidad Federal do Rio Grande do Sul - UFRGS), Rociclei da Silva (Université fédérale de Rio de Janeiro), Mariana Reinisch Picolotto (Université fédérale du Rio Grande do Sul)
Chili : Daniela Illanes Barna (Universidad Diego Portales), Mario Andres Urriola (Universidad de Chile)
Colombie: Diego Hernandez Guzman (Universidad Nacional de Colombia)
Équateur : Carla Karina Cardenas Batallas (Universidad Central del Ecuador), Gustavo Reyes Vasquez Marlon (Universidad Central del Ecuador)
Perou : Freddy Molina Casusol (Universidad Nacional Mayor de San Marcos)
Venezuela: Anais Lopez Caldera, Juan Carlos Zamora, Jesus Medina Pena (Universidad Central de Venezuela), Douglas Gomez