Groupe de recherche sur les imaginaires politiques en Amérique latine

Colloque: Déplacement et hospitalité : acteurs et enjeux

12 janvier 2017

Les déplacements forcés de population sont un phénomène en forte expansion. Parmi les causes de ces déplacements : les situations de guerre et de conflit, les catastrophes naturelles et plus généralement la violence structurelle. Le concept d’hospitalité fait référence ici aux pratiques d’accueil à l’étrange, pratiques qui peuvent être de différente nature (religieuse, ethnique, générationnelle, militante, etc.), mais qui entraînent dans tous les cas des conséquences politiques (Ricoeur, 2006 ; Boudou, 2012).

Le Centre de recherche en immigration, ethnicité et citoyenneté (CRIEC) et le Collectif de recherche sur les imaginaires (CRI), rattachés à l’Université du Québec à Montréal souhaitent aborder directement les pratiques et les discours qui traversent tout le tissu des relations réciproques entre populations « déplacées » et populations « déjà-là ». Il s’agit de mieux comprendre la construction de l’hospitalité entre ces populations, construction qui implique la reconfiguration des subjectivités et des communautés, et qui met en valeur les capacités politiques locales contribuant au vivre ensemble.

Ces deux groupes de recherche proposent d’examiner les imaginaires de l’hospitalité face aux déplacés dans des contextes contemporains. Les imaginaires font référence ici à l’ensemble des représentations qui se font tant chez les populations « déjà-là » que les populations « déplacées » et aux relations entre elles. Parmi les questionnements que nous voudrions soulever, il s’agit, par exemple, d’analyser qu’est-ce qui fait qu’à un moment donné les imaginaires de reconnaissance, de bienveillance ou de tolérance l’emportent et à d’autres moments ce soit le racisme, la xénophobie? Comment sortir de la dualité hospitalité Vs xénophobie? Quelle peut-être la contribution d’une approche politique des imaginaires sociaux à ces questions? Comment les événements (guerres, conflits, catastrophes naturelles) sont-ils recadrés par les imaginaires sociaux?

Ce colloque tâchera d’explorer autant de questions théoriques qu’empiriques au croisement du déplacement forcé et de l’hospitalité.

Le Comité scientifique du colloque

Leila Celis, professeure au Département de sociologie de la Faculté des sciences humaines de l’UQAM et Directrice par intérim du Centre de recherche en immigration, ethnicité et citoyenneté et;

André Corten, professeur associé au Département de science politique de la Faculté de science politique et de droit de l’UQAM et Directeur du Groupe de recherche sur les imaginaires en Amérique Latine (GRIPAL).

Programme

Programme

09:00 - 09:15 Accueil

09:15 - 09:20 Mot d'ouverture
André Corten, Professeur, Département de science politique, Université du Québec à Montréal

09:20 - 10:50 Séance 1 – Déplacement et hospitalité: enjeux théoriques
Présidence : Olivier Barsalou, Chercheur postdoctoral, Département des sciences juridiques, Université du Québec à Montréal


09:20 L’espace normatif du vivre ensemble : des logiques en mouvement
Shirley Roy, Professeure, Département de sociologie, Université du Québec à Montréal

09:35 Hostilité et hospitalité
Alexis Richard, Post-doctorant, Philologie classique, Université Paris 4

09:50 L’empathie, plutôt que la tolérance
Marilia Fiorillo, Professeure, École de communication et d’arts, Université de Sao Paulo (USP).

10:05 Les évangéliques et l’accueil des réfugiés, une hospitalité radicale ?
Samuel Victor, Maîtrise, Département d’anthropologie, Université de Montréal

10:20 Discussion

10:50 - 11:05 Pause-café


10:55 - 12:20 Séance 2 – Construction de l’hospitalité : acteurs, espaces, frontières
Présidence : Vanessa Molina, Ph.D., École d’études politiques, Université d’Ottawa


11:05 Les "limbes" des Dominicano-Haïtiens
André Corten, Professeur, Département de science politique, Université du Québec à Montréal

11:20 Une souveraine inhospitalité : droit international et crises migratoires globales à l’aune de la raison d’État
Olivier Barsalou, Chercheur postdoctoral, Département des sciences juridiques, Université du Québec à Montréal

11:35 Exilé chez soi : Action collective et paradoxes identitaires dans les camps de réfugiés palestiniens de Cisjordanie
Sofiane Mokrani, Doctorant, Éducation-Sociologie, McGill

11:50 Discussion

12:20 - 13:30 Dîner libre


13:30 - 14:45 Séance 3 – Déplacements et hospitalité : méthodes et terrains
Présidence : Martin Hébert, Professeur, Département anthropologie, Université Laval


13:30 Déplacements forcés et manifestations sociales : mingas et exodes ruraux en Colombie
Leila Celis, Professeure, Département de sociologie, Université du Québec à Montréal

13:45 Question de méthode : la scène de pensée pour l’étude des déplacements forcés
Vanessa Molina, Ph.D., École d’études politiques, Université d’Ottawa

14:00 La violence structurelle dans les déplacements forcés en Colombie : une analyse des accords de la Havane
José Fabián Bolívar Durán, Étudiant au Doctorat, Universitat Jaume I, Espagne

14:15 Discussion

14:45 - 15:00 Pause-café


15:00 - 16:15 Séance 4 – Être chez soi
Présidence : André Corten, Professeur, Département de science politique, Université du Québec à Montréal


15:00 Les imaginaires de l'hospitalité :
le conte comme point d'ancrage et de rencontre entre populations déplacées et populations « déjà-là »

Myriame Martineau, Professeure, Département de sociologie, Université du Québec à Montréal

15:15 Se sentir chez soi à l’ère de la « pétromodernité »
Kyle Conway, Professeur adjoint, Département de communication, Université d’Ottawa

15:30 Temps sociaux et imaginaires de l'hospitalité: les Autochtones en milieu urbain à Montréal (Canada)
Martin Hébert, Professeur, Département anthropologie, Université Laval

15:45 Discussion

16:15 – 16:25 Mot de clôture
Leila Celis, Professeure, Département de sociologie, Université du Québec à Montréal

16:25 Vin & fromage