Groupe de recherche sur les imaginaires politiques en Amérique latine

Séminaire international GRIPAL 2012 (17 au 19 octobre 2012)

17 octobre 2012

En 2012 au Québec des centaines de milliers de manifestants ont pris les rues de Montréal. Auparavant au Chili, ils étaient encore davantage à s’emparer des rues de Santiago. En 2011 en Bolivie, les manifestants indigènes arrivaient à La Paz en provenance du TIPNIS. Et ainsi de suite, depuis le Caracazo jusqu’au Baguazo, en passant par la « commune de Oaxaca » et la révolte des Forajidos, l’histoire contemporaine de l’Amérique est marquée par les soulèvements populaires. Comment comprendre ces mouvements de protestation sociale, en Amérique latine comme au Québec? Que disent-ils? Que permettent-ils? Que laissent-ils derrière eux? Le Séminaire international 2012 du Groupe de recherche sur les imaginaires politiques en Amérique latine (GRIPAL) mettra en dialogue trois conceptions des mobilisations sociales. Il vise à ouvrir l’horizon d’analyse – y compris du printemps québécois. Antonio Negri, Giuseppe Cocco, Raúl Prada et les membres du GRIPAL se prêteront au jeu d’une lecture critique croisée de leurs œuvres récentes qui à la fois se recoupent sur le plan thématique et se distinguent sur le plan conceptuel :

  • L’interpellation plébéienne en Amérique latine. Violence, action directe et virage à gauche (GRIPAL, sous la direction de Corten, Huart et Peñafiel, 2012);
  • Multitude : Guerre et démocratie à l’âge de l’Empire (Negri et Hardt, 2004) et GlobAL : luttes et biopouvoir à l'heure de la mondialisation : le cas exemplaire de l'Amérique latine (Negri et Cocco, 2007);
  • Descolonización y transición (Raúl Prada, Grupo Comuna de Bolivia, 2012)

Programme

Mercredi 17 octobre
De 17h30 à 21h à la salle M450 de la Grande Bibliothèque, 475, boulevard De Maisonneuve Est à Montréal :


Mot de bienvenue de Vanessa Molina, coordonnatrice du GRIPAL
Conférences inaugurales présidées par Rufo Valencia, journaliste à Radio Canada International.

  • Multitude, Antonio Negri, 30 min. 15 minutes de questions (Visionnez la vidéoconférence inaugurale en cliquant ici);
  • GlobAL, Guiseppe Cocco, 30 min. 10 minutes de questions;
  • Descolonización y transición, Raúl Prada, 30 min. (Conférence donnée en espagnol et résumée par la suite en français par Rufo Valencia). 10 minutes de questions;
  • L’interpellation plébéienne, Catherine Huart et Ricardo Peñafiel, 30 min. 10 minutes de questions.

Vin et bouchées

Jeudi 18 octobre
De 10h30 à 16h30 à la salle M465 de La Grande Bibliothèque

10h30/11h30
Lecture critique, par André Corten (GRIPAL), de Multitude... de Negri et Hardt et de son application à l’Amérique latine dans GlobAL... de Negri et Cocco, suivie d’une brève réplique de Giuseppe Cocco.

11h30/12h30
Lecture critique, par Giuseppe Cocco, de L’interpellation plébéienne... du GRIPAL (sous la dir. de Corten, Huart et Peñafiel), suivie d’une brève réplique des directeurs de l’ouvrage. À ce temps de réplique se joint Martin Breaugh, professeur de théorie politique à l’Université York, auteur de L’expérience plébéienne. Une histoire discontinue de la liberté politique (2007) et de la postface de L’interpellation plébéienne...

12h30/14h30
Dîner

14h30h/15h30
Lecture critique, par José Antonio Giménez Micó (GRIPAL), de Descolonización y transición de Raúl Prada, suivie d’une brève réplique de l’auteur.

15h30/16h30
Lecture critique, par Raúl Prada, de L’interpellation plébéienne... du GRIPAL (sous la direction de Corten, Huart et Peñafiel). Conférence donnée en espagnol et résumée par la suite en français. Brève réplique des directeurs de l’ouvrage. À ce temps de réplique se joint le professeur Martin Breaugh.

Vendredi 19 octobre
De 10h30 à 18h30 à la salle M450 de la Grande Bibliothèque


10h30 à 13h00
Table ronde de discussion.
Ce temps de débat donne à l’ensemble des auteurs l’occasion de développer leurs réponses aux commentaires critiques reçus la veille. Moment charnière du dialogue, il vise à ce que les échanges bénéficient d’un peu de recul. « La nuit porte conseil » et elle permettra aux auteurs, ainsi qu’à l’assistance, d’approfondir la réflexion. L’animation de ce retour critique sera assurée par Marie-Christine Doran, professeure à l’École d’études politiques de l’Université d’Ottawa et membre du GRIPAL.

Visionnez la table-ronde de discussion entre les auteurs


13h00/15h30
Dîner

15h30 à 18h30
Des horizons d’analyse pour le printemps québécois
La sensibilité des membres du GRIPAL pour le travail théorique capable de renouveler les analyses politiques – notamment des soulèvements populaires – rend impossible de ne pas tourner le regard spécifiquement sur ce que le Québec a vécu ce printemps. Pour contribuer à la réflexion commune, nous proposons de revoir les événements entourant la grève étudiante contre la hausse des frais de scolarité à la lumière de notre conceptualisation de ce qu’est une « interpellation plébéienne ».

Au Québec en 2012, pendant quelque temps, on eut l’impression que les intérêts corporatistes cédaient le pas à une large mobilisation montrant que l’ordre fait des laissés pour compte, des sans-parts, des voix qu’on n’écoute pas. Dans une certaine mesure, cette large mobilisation renvoie à l’image centrale de notre théorisation : dans la Rome Antique, à plusieurs reprises, la plèbe se retire entière sur le Mont Aventin et met le Sénat devant les limites de l’ordre qu’il représente. Elle exprime son ras-le-bol et vit par le fait même un moment de subjectivation politique. La mobilisation sociale du printemps québécois fut-elle une interpellation plébéienne? Qu’apprend-on en la revisitant sous cet angle? Voilà ce qu’on demande à nos deux invités.

René Delvaux, étudiant militant et membre du GRIPAL. Vécu d’un militant du point de vue de L’interpellation plébéienne : se retirer sur l’Aventin.

Gabriel Nadeau-Dubois, ancien porte-parole de CLASSE (Coalition large de l’Association pour une solidarité syndicale étudiante). Vécu d’un porte-parole du point de vue de L’interpellation plébéienne : faire le lien entre l’Aventin et le Sénat.

Débat ouvert animé par Catherine Huart.